te_easEt non ce n'est pas une métaphore pour dire que les mangas volent dans mon CDI, mais bien pour dénoncer mes élèves qui sont de sales petits (grands) voleurs. Moi aussi j'ai voulu surfer sur la vague des mangas  et j'en avais acquis une petite dizaine de trois séries différentes pour commencer (Tsubasa pour les filles, Naruto, Death Note pour les garçons). Bien sûr cette politique d'acquisition avait été faite de façon très professionnelle : ne connaissant moi-même rien aux mangas, je m'étais laissée conseillée par un fan inconditionnel du genre (en l'occurence un élève de 17 ans), qui s'était foutu de moi parce que je lui disais que j'avais acheté un manga, alors qu'en fait c'était une BD chinoise. Bref, trop nulle la doc!!

Il devenait donc nécessaire de se former en la matière, car quand même, c'est mon métier de savoir ce que j'achète... Heureusement le manga est à la mode et c'était le thème choisi par le CDDP pour la journée des docs d'Aquitaine. Après avoir été voir la (formidable) conférence au CDDP  (je vous raconterai ça dès que j'aurai un peu de temps), j'ai voulu approfondir mon fonds en achetant des mangas un peu plus intéressants et moins commerciaux (Nana, Aux pieds chéri pour les filles, Jinn pour moi, Say hello to Black Jack, Fullmetal Alchemist pour les mecs, et puis des Taniguchi pour les intellectuels). J'ai même envisagé avec ma tutrice de faire venir l'expo du CDDP sur les mangas (qui n'est plus disponible, snif!) et de monter un club manga pour le joli mois de mai. Mais... il y a un mais. En faisant le bilan de ce que j'avais déjà reçu et commandé (j'attends trois commandes de BD depuis trois mois, vive les lourdeurs de l'administration!), je me rendis compte que sur les 10 mangas que j'avais déjà rentrés dans la base, il ne m'en restait qu'un!!!! P... les c... Ils m'ont tout piqué! Je savais que l'an dernier, toute la série Largo Winch avait disparu. Mais en début d'année, je me suis dit : "Mais non, ils vont pas me faire ça à moi. Je vais leur acheter le meilleur et leur reconnaissance sera éternelle...". Tu parles! J'avais même insisté pour que les élèves puissent emprunter les bd chez eux pour dévier le vol, et bien non! Ils les ont piqués quand même!!!! Du coup, je suis un peu refroidie, car ça faisait moins de trois semaines qu'on les avait reçus. C'est comme Persépolis, il n'a tenu qu'un jour en nouveauté pour disparaitre ad vitam eternam... J'ai même pas eu le temps de le feuilleter.

Que faire, que faire???

Un portique antivol, ça coûte 1500 E minimum. J'ai demandé à la Région, mais je n'ai pas de réponse.

Augmenter le budget pour racheter chaque année ce qui est volé, tout en acceptant la fatalité (s'ils volent, ça veut dire qu'ils lisent encore, tout n'est pas perdu).

Mettre les livres convoités en accès limité derrière la borne de prêt. On le fait pour les manuels, avec inscription des élèves sur un papier, même si c'est pour l'heure, les manuels disparaissent quand même (faux noms, gruges de toutes sortes). Et puis ma philosophie m'interdit de mettre les livres en accès limité!

Acheter que des livres documentaires,  des encyclopédies et les prix Goncourt, on est sûrs qu'ils ne disparaitront pas ceux-là!

Bref, je n'ai pas de solution, même si la 2° me parait être la meilleure option, tout en étant un trou sans fond pour le budget de l'établissement. Voilà, je sais pas si c'est pareil dans tous les CDI, mais je me souviens qu'à la bibliothèque universitaire où je travaillais, les portiques antivols n'empêchaient pas forcément les vols et étaient pénibles à gérer (bips insupportables, faire repasser les gens un par un quand ils passent à plusieurs pour savoir qui vous a sorti de votre torpeur en sonnant, fouiller le suspect en se faisant insulter parce qu'on fait du délit de faciès...). Bref, cela donne un petit côté dissuassif certes, mais un petit côté flic aussi qui serait certainement mal perçu par les lycéens (qui ont du mal avec l'autorité et le flicage parfois).

Ouh là, il était long ce billet, ça m'a fatiguée de trop réfléchir...