Cette année, je suis allée à la Foire du Livre de Brive en tant que cliente et non plus en tant qu'hôtesse d'accueil (et oui, on vieillit tous!). J'avoue, ce n'est pas ce qu'il y a de plus agréable, un salon du livre, quand on n'est pas dans le carré VIP... Déjà, j'ai dû faire la queue pour rentrer... Ensuite, vous arrivez dans le salon qui est une tente géante, avec des auteurs parqués par maison d'édition dans des boxes, qui vous regardent passer près de leurs livres et qui espèrent secrètement que vous allez acheter l'intégrale de leurs oeuvres. Certains, placés dans les coins, vous hèlent même, désespérés : "Ca ne vous intéresse pas un petit voyage dans la langue française?" Et vous, vous êtes dans les allées bondées de monde et vous en avez rapidement le vertige (vous ai-je confié que j'étais un peu claustrophobe?). Heureusement vous avez un plan à l'entrée qui est classé par auteur ; vous avez juste le temps de le feuilleter et de vous rendre compte que les auteurs que vous vouliez voir ne sont pas là, mais vous êtes déjà entrainé par une foule informe. Moi je voulais renconter M. Barbery, auteur de L'élégance du hérisson  et Reinhardt qui a écrit Cendrillon, mais ils n'étaient pas là (heureusement qu'il est passé sur France 5 dimance matin)... Mince, pour une fois que j'avais lu des auteurs encore vivants, je n'ai pas pu les rencontrer. Tant pis... Il faut dire que je suis venue le dimanche matin, et qu'en général, le samedi soir, quand on est auteur invité à la Foire, on ne reste pas tout seul à se morfondre dans une chambre d'hôtel minable. C'est plutôt gastronomie, alcool et boîtes de nuits. De l'époque où j'y travaillais, je voyais clairement que les auteurs du dimanche n'avait plus l'oeil aussi hagard. Surtout chez Albin Michel... Travailler en tant qu'hôtesse, c'est beaucoup plus agréable, car déjà vous êtes dans le box avec les auteurs sous votre coupe, vous avez le pass VIP qui vous donne accès à la mezzannine magique où vous trouvez à toute heure du champagne et des fauteuils confortables, ainsi qu'une pause salvatrice hors des bousculades de la foire. Bon, certes, ce n'est pas non plus de tout repos puisque vous travaillez pendant 5 jours : 12 heures par jour pendant les 3 jours de foire, vous trimballez des cartons pleins de livre les jours de préparation (et c'est très lourd, les livres!), tout ça pour un misère payée trois mois après (à l'époque, ça faisait un peu plus de 1.000 francs). Mais bon, ça vous permet de parler aux auteurs que vous appréciez d'un air détaché, sans passer pour une groupie. J'avais eu ainsi de bonnes discussions avec Amélie Nothomb, Bernard Weber, Cavanna, Jérome Duhamel, Wolinsky... J'ai même eu des propositions indécentes, et c'est là que j'ai réalisé que le mythe de l'auteur solitaire, torturé dans son bureau face à sa feuille blanche, était mort... Mais bon, cette année, j'ai été déçue par cette foire, car au milieu de la foule, il est difficile de découvrir des nouveaux auteurs et en plus, Edika était parti, et ça je ne me le pardonne toujours pas. Juste une découverte intéressante : les deux romans de David Abiker Le musée de l'homme (sur les rapports homme/femme au XXI° siècle) et Le mur des lamentations (sur la victimisation de la société).